Après plus de six mois dans la trépidante Inde, je ressens le besoin de me ressourcer. Souhaitant depuis longtemps faire une retraite méditative, je me décide et choisis d’en réaliser une de 10 jours. Suite aux nombreuses rencontres « bouddhistes » que nous avons eu sur la route, je ressens le besoin d’en connaitre d’avantage sur Bouddha et sur la méditation !
Le Vipassana est une retraite initiée par Bouddha. Son enseignement (Sasana) porte sur : les vertus (Sila), la méditation – concentration (Samadhi) et la sagesse (Panna). Le Vipassana doit permettre, à partir d’exercices simples de méditations, de voir les choses telles qu’elles le sont réellement. La technique de méditation se nomme « Sato », ce qui signifie : noter et observer. Cela consiste à « noter » et « observer » constamment les « objets » des cinq sens et de la pensée. Pour cela, il faut garder à l’esprit l’objet perturbant la méditation en le notant mentalement. Tout un programme…
J’arrive au temple. Il est perdu, à deux heures de route de Bangkok, dans la magnifique campagne thaïlandaise. Ma See Brigitte m’accueille, c’est mon professeur. C’est une femme d’une quarantaine d’années, originaire d’Autriche. Elle est none depuis plus de vingt ans. C’est la seule femme du monastère, seule au milieu de trente moines. À mon arrivée, elle me guide à travers un paisible et étroit chemin boueux, bordé de deux rizières et de multiples bananiers. Nous nous arrêtons devant le dernier petit bungalow de l’allée. Voilà mon nouveau lieu de vie : une petite pièce claire entourée de larges fenêtres aux moustiquaires brin-ballantes, une mince natte de paille tressée comme lit, une autre petite pièce où trône une grande bassine d’eau servant de douche et des toilettes. Il n’y a rien d’autre sauf de l’encens, une image de Bouddha et une bouilloire. Elle m’invite à me vêtir de blanc (tenue des nones et des méditants = yogi) puis à venir la retrouver.
Méditer
Les présentations sont courtes. Brigitte, assise devant son petit temple, m’impressionne. Je lui explique dans mon anglais imparfait mes connaissances du Bouddhisme et surtout, ce que je recherche : en connaître d’avantage sur le « moment présent ». Elle me remontre comment, mains jointes, il faut saluer Bouddha. C’est en trois fois :
1/ je me réfugie auprès de Bouddha (mains jointes au niveau du front)
2/ je me réfugie auprès du Dharma [enseignement] (mains jointes au niveau de la bouche)
3/ je me réfugie auprès du Sangha [la communauté bouddhiste] (mains jointes au niveau du cœur)
On allume donc, trois bâtonnets d’un encens parfumé que nous mettons sur l’autel de Ganesh (divinité hindoue dans un temple Bouddhiste !). Face à elle, Brigitte m’invite à m’asseoir sur un mince coussin et à me mettre en tailleur : la jambe droite sur la jambe gauche, la main droite sur la main gauche… « Fermez les yeux, respirez profondément»…
Comment méditer ?
Pratique de Sato – Il existe plusieurs types de Vipassana et mon expérience peut différer d’autres enseignements. Chaque enseignant adaptant aussi la pratique de la méditation à l’élève (= Yogi). Bouddha a indiqué quatre positions pour la méditation : assis, debout, en marchant, allongé. Au cours de cette pratique, en plus de la méditation, il est recommandé de rester concentré lors de tout acte quotidien. Les moines le font pendant 3 ans, 3 mois et 3 jours au début de leur enseignement !!!
La méditation assise
Il s’agit de noter mentalement, yeux clos et assis en tailleur, pendant 30 ou 40 minutes, chaque mouvement de l’abdomen accompagnant la respiration. Ce qui donne mentalement « inspire », « expire » (ou « rising », « falling » en anglais). Après deux-trois minutes d’observation de ce mouvement, vous constaterez que le mental s’échappe… Par exemple, une pensée surgit, vous avez chaud, ou bien encore vous avez envie de changer de position…. Bref, vous n’êtes plus centré sur l’observation du mouvement et ne le noter plus. Il faut donc, mentalement, observer ce mental et noter ce qui ce passe. Si par exemple vous vous apercevez que vous pensez à quelqu’un, il faut simplement, le noter mentalement trois fois de suite, en gardant un rythme paisible : « pense à Julie», « pense à Julie», « pense à Julie» et puis revenir au mouvement de l’abdomen « inspire », « expire ». Une fois notée, l’objet perturbateur n’insiste pas.
Le mental utilise la pensée et les sens pour vous distraire, pour s’échapper et recouvrer sa liberté. J’ai passé les trois premiers jours à « noter » et « observer » tout ce qui me distrayait, m’énervait, m’ennuyait, m’apaisait… tout en revenant à l’exercice initial. Puis lentement, le mental et le corps se font à l’exercice et vous pouvez enfin contempler… Brigitte m’a expliqué que le mental agit « comme un cheval sauvage qu’on attacherait à un arbre pour la première fois ». Il faut de la patience, de la persévérance et un peu de temps, pour qu’il s’apaise.
La méditation en marchant
L’exercice consiste à noter chaque pas. « Droite » lorsque la jambe droite se lève et se pose, puis « gauche » lorsque la jambe gauche se lève et se pose. Votre mental doit être concentré et noter / observer / contempler le mouvement du corps. Il ne s’agit pas de se balader le nez en l’air, mais de poser son regard à cinq-six mètre devant soi, sans se distraire de ce que l’on voit. Cela semble très simple… Cet exercice énergisant de 30 à 40 minutes est à pratiquer avant la méditation assise.
Pour imager…
La concentration et la contemplation vous oblige à vous imprégner d’un rythme quotidien très lent. Peu à peu, vous vous coupez de tout, pour n’être, finalement, entièrement présent qu’à l’observation. C’est cela la pratique ! Vous marchez comme quelqu’un qui aurait un terrible lumbago. Comme un aveugle, vous ne faites plus attention à tout ce qui vous entoure. Vous êtes sourd et muet aux interpellations, car vous vous détachez des sons que vous entendez. Vous notez juste mentalement « l’objet » lorsque cela vient perturber l’exercice… « J’entends quelqu’un qui me parle »… Oui cela peut faire sourire, mais c’est avec cette pratique que j’ai ressenti l’intensité du moment présent, un calme serein m’envahir… peut-être était-ce cela « l’équanimité »…
Voici pour les bases. Je vous passe les détails qui n’ont finalement que peu d’importance, mais je serais ravie de répondre à ceux qui aurait des questions. Cette méditation vous donne du recul face à ce qui agit et traverse votre mental et votre corps. Tout est impermanence et il vaut mieux essayer de contempler son mental que de s’y fier aveuglément. Au cours de la pratique et des discussions avec Brigitte, elle m’a enseigné ce que Bouddha disait en son temps : « ne pas accepter aveuglément les enseignements, mais les vérifier à la lumière de son expérience personnelle par l’analyse et la contemplation de la réalité quotidienne ». Voilà, qui m’a énormément plu !
A suivre… La vie au temple durant ces dix jours…











Question peut etre hors sujet, mais…
quel est la langue que vous utilisez pour communiquer avec les moines ?
Merci pour ce partage…et ce clin d’oeil
tu me manques
Paulo,
Les moines me parlaient en Thaïlandais. Non, … deux d entre eux parlaient un anglais de base et surtout un moine qui apprenait le français. Il me parlait en me montrant les mots sur son livre d exercice car je ne comprenais rien a son accent
. La communication est plutôt passée a travers des regards et des attentions. Brigitte parle anglais et thaïlandais couramment.
Berangere
bonjour je retourne en thailande pour trois mois le 19 nov
je pratique la meditation
peux tu me dire ou se trouve le temple
je loge a wat phra bath entre saraburi et lopburi
je parle anglais et un peu thai
je connais et recite les chanting en pali
merci
@ phimouk
Bonjour et désolée pour cette réponse tardive
Comme il n’y a qu’une seule place au temple, je te conseil vivement de contacter Brigitte sur sa boite mail (en Anglais ou Allemand)…. Elle te donnera tous les détails.
N’hésites pas a nous faire partager ton expérience a ton retour,
Brigitte Schrottenbacher
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merci de ta reponse
normalement je vais dans un temple a burriram Wat pha khao noi
moine de la foret mais c est un peu loin de Wat phra bath
ou trouve t on le mail de brigite
mercii
phimouk
Bonjour,
Votre post sur votre méditation est très constructif! Je suis pratiquant de méditation Vipassana et Zen depuis quelques années.
Comme vous, j’ai réalisé un long voyage. Pour moi, c’était en Corée du Sud il y a maintenant 3 ans.
Pratiquant d’arts martiaux à la base, je me suis rendu là bas pour perfectionner la taekwondo. Mais aussoi pour approfondir ma connaissance de la méditation.
Je me suis rendu avec quelques amis méditants au temple Golgul près de Geogyu, au sud est de la corée du Sud.
Pendant 6 jours, j’ai vécu une tranche de vie vraiment inoubliable.
S’ouvrir aux autres par la méditation est un moment très fort que les mots seuls parfois ne suffisent pas à décrire.
Les voyages forgent l’ouverture d’esprit et la compassion. C’est ce que j’ai retenu de cette aventure extraordinaire.
Merci pour votre article! Bonne continuation à vous
Tom
Bonjour, avant tout, merci pour cet article plus qu’instructif.
Je prépare un voyage de quelques mois en Asie du sud est pour la fin de l’année, et la Thaïlande est bien entendu au « programme ».
Je me renseigne et lis depuis pas mal de temps déjà sur tout ce qui à trait au « moment présent ».
J’étais à la recherche d’une retraite, et suis tombé sur votre article, après plusieurs recherches, je pense que celle que vous avez effectué pourrait vraiment me correspondre. Serait-il possible d’obtenir les coordonnées du temple, et de Brigitte en particulier ?
Merci d’avance.
Steaven.