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Coutume | Zepin, un village aux éléphants

Posté le 11 décembre 2009 par Web-Reporter

En Birmanie, les éléphants sont utilisés pour tracter les troncs d’arbres en dehors de la jungle. La forêt étant très présente, le commerce du bois est une activité importante.

Je me suis rendu à Zepin, un tout petit village situé au milieu de la jungle à une dizaine de miles du lac Indawgyi. Une piste a été tracée pour permettre aux camions de venir chercher les troncs d’arbres. Le village est composé d’une dizaine de familles et d’une petite école maternelle. Les enfants sont très nombreux. La pauvreté est ici très visible… Certains bébés que portent les femmes sur leurs dos présentent des infections cutanées importantes.

École maternelle

J’ai été accueilli avec curiosité… Mais les gens comprennent vite que je suis venu les voir pour découvrir leurs cohabitations avec les éléphants. Car il s’agit bien de cohabitation. Lorsque je suis arrivé dans ce village, je pensais voir des éléphants un peu partout… et pourtant, aucune trace apparente. Et pour cause, ils vivent en (quasi) liberté dans la jungle avoisinante. Je ne les verrais d’ailleurs pas aujourd’hui, je répond simplement aux questions curieuses des villageois, et crée une relation d’amitié. Je visite la petite école, perturbant la classe pendant un long moment car les enfants ne me laissent pas repartir.

Pendant la classe!

C’est le lendemain matin que j’accompagne Ouemo dans la jungle à la recherche des fameux pachydermes. Plusieurs fois par semaine, il va chercher ses éléphants et les ramène au village. Ils ont tracté des arbres en début de semaine dernière, ils sont au repos forcé en ce moment. Les commandes sont aléatoires. Mais Ouemo va les chercher pour qu’ils restent à proximité du village et qu’ils s’habituent à cette vie de va-et-vient.

Oumio

Nous partons donc tous les deux dans la jungle. Ouemo tient un long couteau à la main qui lui sert à couper les bambous et la végétation qui obstruent le passage. Il n’y a pas de sentier, il coupe à travers en suivant les traces des éléphants. Pendant près d’une heure trente, il les cherche en observant les traces de pas et les excréments. Il écoute. Il parle sans cesse dictant à voix haute ce qu’il pense. Je ne comprends pas mais de temps à autre, il me fait de grands gestes me montrant une direction. Plusieurs fois, il me fait comprendre qu’il ne sait pas ou ils sont… Alors, il suit les traces de plus près, marchant dans les pas remplis de boues. Nous en avons jusqu’à mi-cuisse ! Il ne peine pas à avancer, alors que de mon côté, ça devient de plus en plus sportif ! J’y perds mes tongs et peine à les récupérer dans la boue…

Les éléphanteaux!

Finalement, nous les retrouvons. Ils sont cinq ! Deux femelles et trois éléphanteaux ! Ils arrachent les bambous avec leurs trompes pour les manger. Pas étonnant qu’Ouemo les retrouve à chaque fois à la vue du grabuge ! Ce dernier se rapproche et sans crainte, se met aux pieds d’un éléphant pour lui enlever sa chaine. Il lui parle en effectuant cette tâche sans aucune difficulté. Les deux éléphants adultes sont attachés l’un à l’autre par une chaine, ce qui limite leurs déplacements, sans pour autant les contraindre de trop. Puis, une fois la chaine enlevée, les éléphants se mettent automatiquement en marche en direction du village. Je suis impressionné ! Ouemo parle aux éléphants qui réagissent aussitôt au son de sa voix. Les trois éléphanteaux sont eux totalement libre et se sautent l’un sur l’autre ! Ils jouent ! Ouemo est obligé de sortir son arme fatale pour les calmer un peu et les faire suivre le troupeau. Il s’agit d’un lance-pierre !

Retour au village

Nous arrivons au village. Les éléphants connaissent le chemin par cœur et se rendent devant la bonne maison, sans se tromper, me démontrant qu’ils ont une mémoire d’éléphants !

Là, ils essayent de chaparder des légumes que Pomou, la femme de Ouemo, était entrain de préparer. Sa colère les fit reculer de plusieurs mètres ! Après une rapide examination, mâchoire et peau, Ouemo tapote sur chacun des éléphants leurs parlant affectueusement. Puis après une bonne heure, il les emmène au bord d’un petit ruisseau. Ouemo remet la chaine aux pieds des éléphants, s’assoit et allume un cigare birman (gros bidi indien). Les éléphants après avoir bu, repartent dans la jungle.

J’ai vu d’autres éléphants appartenant à d’autres familles. Certains d’entre eux, plus âgés et plus dociles, sont complètement libres, aucune chaîne aux pieds. La relation homme-éléphant est ici prodigieuse ! Je m’attendais à les voir attacher sous un abri comme les éléphants destinés aux safaris pour les touristes… pas du tout ! Une vidéo sera prochainement mise en ligne…


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Comments

  1. Bonjour Web-Reporteur!

    Mon sujet de prédilection!!! De notre France parisienne, dans son froid plus humain que météorologique, ma jalousie s’amplifie :)
    Vivement la vidéo!!!
    Quand je pense que nous avons cherché les éléphants libres du Laos pour s’apercevoir qu’en dehors du tourisme (salutaire?) il devient difficile d’en trouver en semi-liberté!
    J’espère que la vente du bois de ces villageois est écologiquement responsable :)
    Vivement le 20/12!!!

    Bérangère

  2. Coucou Ben,

    cela donne vraiment envie d’aller te rejoindre. Quelle complicité! Quel respect entre l’homme et l’animal ou vice-versa… J’adore ton écriture car on rentre très rapidement dans ton récit. Il est clair et efficace. C’est pour quand ton premier bouquin? Je ne sais pas si tu te souviens de Véro, elle travaille au petit solognot et ils ont une maison d’édition! Promis je corrige les fautes si j’en trouve!
    On a hâte de te revoir!
    Gros bisous ou bisous papillon (c’est le préféré de Marco)
    Béa

  3. Hola,
    Le départ pour l’Inde approche et la passage par la Birmanie se fait de plus en plus ressentir comme impératif.
    Merci pour cette article qui m’a convaincu de passer la bas.
    Bon courage pour la suite.
    charles

  4. @Bérangère: Je sais! Tampis pour toi! ;-) Et puis tant fait pas trop, on en reverra d’autres! En ce qui concerne le bois et l’écologie, je partage ton point de vue mais reste très tolérant par rapport à ces villageois… Étant donné le développement économique du pays (très faible est un euphémisme) et des conditions de vie dans ce village, il y en a d’autres qui peuvent faire des efforts avant eux… Ils ne gagnent déjà pas grand chose… et franchement, vivre avec tant d’harmonie avec la nature, au milieu de la jungle, c’est déjà un acte extrêmement militant!

    @Béa: Merci pour les compliments! Au fait, j’ai l’impression que cela dépend du sujet… Il y en a qui m’inspire plus que d’autres. Et en ce qui concerne un livre… on verra ça au moment de la retraite peut-être… J’ai des films à faire avant!

    @Toutes les deux: OUI! À très bientôt maintenant… plus que quelques jours!!!

  5. @Charles: Obligé mon petit! Tu ne le regretteras pas! C’est un savoureux mélange d’Inde et d’Asie du sud-est avec les infrastructures touristiques en moins! Je ne suis pas encore partie que je prévoie déjà mon retour! Il y a tellement de choses à découvrir : C’est authentique! Seul bémol, tu es surveillé et tu dois suivre quelques règles pour éviter une expulsion manumilitarie… Dormir dans une Guest-House toutes les nuits est obligatoire… T’es pointé tous les jours! (j’aurais tellement voulu rester avec Noung Phoung au bord de la rivière ou bien dormir chez Ouemo… Impossible!), et tu as de nombreux endroits inaccessibles (de moins en moins tout de même)… C’est dommage… pourvu que ça change rapidement… avant tout pour le bien être de la population… Bon Voyage! On pensera à toi!

  6. En quelle langue parlais-tu avec les villageois, car peu d’entre eux parlaient anglais je suppose ?
    Avec les enfants, cela me semble plus simple, ils sont souvent très curieux et peu de choses les font rire, dès que tu maîtrise un ou deux mots de leur langue …
    En tout cas, beau reportage !

  7. @Laurence: Par chance, il y en avait un qui barragouinait pas trop mal l’anglais et grace a lui, j’ai pu en apprendre davantage sur ce village. En revanche, avec Ouemo et sa famille, nous avons communique avec le langage universel base sur les sourires et les grimaces, avec des gestes et parfois des dessins… C’est vrai qu’avec les enfants c’est extremement simple… Il suffit de les amuser, de jouer avec eux pour etablir une vraie complicite.
    En tout cas, Merci!

  8. Merci à vous de faite partager ces tranches de vie.
    Apprendre à voir toute les facettes de notre monde est quelque chose de maginique.

    Se rendre compte des différences de mode de vie est très enrichissant!
    Cela permet aussi de se rendre compte que chez nous en occident, nous nous fermons trop souventcomme des huitres seul face à nos petit soucis existentiels.

    Le sourire sur le visage de ces personnes et le meilleur médicament du monde!

    Merci pour ce partage d’émotions et de tranche de vie.

    Tom

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