Derniers jours à Calcutta
Notre séjour à Calcutta s’est prolongé, car nous avons eu beaucoup de travail. C’est avec une grande impatience que nous souhaitions repartir sur les routes, en compagnie de notre nouveau moyen de transport, notre « Bullet » ! Mais avant de partir, nous en avons profité pour faire quelques emplettes…
Dernières images…
Nous faisons le tour de la ville pour faire nos dernières images et pour tester notre nouvelle recrue, une petite caméra HD, qui nous accompagnera désormais dans nos reportages ! Nous profitons également de ces derniers instants, pour rechercher des contacts, sur internet et dans des centres de ressources sociaux, susceptibles de nous aider au cours de notre tournage.
Itinéraire
Une fois tout cela terminé, nous voilà prêts pour de nouvelles aventures ! Notre première idée est de partir en direction du nord-est (Assam, Meghalaya, Tripura) où nous envisageons de tourner notre reportage central. Pour nous y rendre, nous avons plus de 1000 km à parcourir avec notre bonne vieille moto… Nous décidons de les réaliser doucement, en empruntant principalement les routes secondaires, tout en étant à la recherche de sujets culturels ou sociaux intéressants pour compléter cet épisode.
Le 10 mai 2009
Réveil matinal, petit déjeuner rapide, ce dimanche matin n’est pas un jour de prélassement… mais le jour de notre départ ! Une fois nos cafés avalés, nous chargeons la moto et disons au revoir à Calcutta…
Sur les routes indiennes, à moto
Conduire en Inde
Voyager à moto en Inde est un réel plaisir… et c’est un sport ! Il faut impérativement apprendre les règles de conduite locale et faire comme eux. Les premiers kilomètres (ou plutôt les premiers jours) sont pour le moins stressants ! Plusieurs règles d’or sont à bien connaitre :
- le klaxon, indispensable : il sert à dire que vous êtes là, que vous allez doubler, à remercier et à s’amuser parfois…
- votre taille : la règles des priorités… chez nous, c’est la priorité à droite, mais ici, elle n’existe quasiment pas (la priorité à gauche). La seule règle existante, c’est « plus je suis gros et rapide, plus je suis prioritaire… ». Donc… attention au bus, il fonce comme des dingues ! Très souvent… nous avons du descendre dans le bas côté pour laisser passer ces messieurs… les «Kings of the Road » comme ils le peignent en toutes lettres sur l’arrière de leur bus.
- forcer le passage est normal… Il faut donc être très vigilant aux véhicules qui arrivent à un carrefour en même temps que vous… car il est presque sûr qu’ils s’engageront et qu’ils feront semblant de ne pas vous voir…
- la route est à tout le monde, aussi aux bêtes ! Il faut faire extrêmement attention car en plus des bus qui vous poussent hors de la route, vous croisez également des rickshaws-vélos qui roulent à 10 km/h, des piétons (5 km/h), des troupeaux et des petites chèvres suicidaires (2 km/h) que rien n’effraient !
Sur les «grandes» routes nationales, nous roulions entre 50 et 60 km/h et sur les routes secondaires, nous ne dépassions que rarement les 20 km/h !
Conduire une Enfield surchargée…
Là aussi, il y a beaucoup de choses à raconter…! Tout d’abord, il est très important de bien équilibrer les sacs des deux côtés de la moto, mais ça… ça semble si évident ! Et pourtant…
Les premiers tours de roues avec les bagages ne furent pas très encourageants… À notre tout premier essai, nous avons fait moins de quatre mètres… (La moto a fini couchée sur son flanc et ce fut le tout premier hématome de Bérangère !). En fait, si vous démarrez prudemment, en raison du surpoids sur la roue arrière, le guidon va « tanguer » dans tous les sens ! Et comme c’était notre toute première expérience… hop la…! Pourtant, la solution est simple : il faut donner des gaz et ne pas avoir peur !
La « Bullet », pour les indiens, est une grosse moto ! C’est vrai qu’elle l’est, elle pèse quelques centaines de kilos ! Mais son moteur, pourtant un 350 cc, ne vous entraine pas dans de grands et intenses frissons de vitesse ! Et de toute façon…, il ne vaut mieux pas… Mais là ou nous avons vraiment peiné… ce fut sur les routes de montagne, dans le Sikkim… Dès que la pente était un tant soit peu trop raide, la moto ralentissait jusqu’à ce qu’elle reparte en sens inverse…! Et malheureusement le frein est du cote gauche… (Alors que chez nous il est à droite) et le frein du guidon, lui, n’existait même pas ! Donc, en cas de « grosse panique », j’avais toujours le réflexe de mettre mon pied gauche par terre… et donc, impossible de freiner ! Nous avons donc appris à nous laisser tomber sans nous faire mal !
Parfois, nous avons du, en contrebas de certaines montées beaucoup trop raides, descendre de moto et monter nos sacs à pied ! Ensuite, je revenais chercher la moto, qui une fois allégée, montait comme une gazelle !
Tout ceci est des anecdotes… Il ne faut pas oublier le plaisir de conduire cette moto ! Des sensations inoubliables dans les rues surpeuplées de Calcutta, sur les petites routes de campagnes, lors de nos arrêts au milieu de tout petit village, etc… Et le bruit de son moteur, quel plaisir ! C’est sûr, c’était la première fois que je conduisais une Enfield, et ce ne sera pas la dernière…
Interaction avec la population…
Les indiens adorent cette moto, la fameuse «Bullet» ! Lorsque vous démarrez, il y en a toujours un à côté de vous pour vous faire des compliments : «Good bike, isn’t it?». Un autre point marquant… Quand vous laissez votre moto quelque part, vous pouvez être sûr qu’elle sera en parfaite sécurité ! Les gens s’en servent comme-ci elle faisait parti des biens publics… Ils s’assoient et discutent dessus, se recoiffent, s’amusent avec tous les boutons, etc. ! Une chose est sûr, vous n’avez pas besoin d’antivol ! Le vol et le vandalisme sont quasi inexistants…
Les panneaux d’indications de la route sont très rares ou confus. Il faut donc demander conseil aux habitants. Et là, ce qui est assez surprenant, c’est qu’ils vous répondent tous la même chose : tout droit, dans deux kilomètres !
Les conditions météorologiques…
Nous sommes partis sous une chaleur suffocante… pas moins de 46°c !!! Dans ces conditions, il nous fallait vivre comme les locaux, c’est à dire nous lever aux aurores et faire la sieste de midi à 15 heures. Donc, au bord de la route, nous avons tenté à plusieurs reprises de faire un somme… Pas toujours évident et notamment quand nous étions à la campagne ! En effet, nous avons essayé de nous isoler mais en Inde avec son milliard d’habitants… ce n’est pas toujours très simple ! Après quelques minutes seulement, un attroupement se formait autour de nous… Les gens nous regardaient dormir, ou plutôt essayer de dormir…
Malda, notre première pause-reportage
Nous commencions à être un peu fatigués par la route. Nous avons donc décidé de faire une petite halte ici. Et comme souvent, le hasard fait bien les choses ! Nous avons rencontré une famille qui nous a beaucoup plu. Depuis plusieurs générations, ils fabriquent et vendent des bracelets fabriqués à partir de gros coquillages blancs. Ces bracelets sont portés par toutes les femmes mariées du Bengale. Les artisans fabricants ces magnifiques bracelets font preuve d’une minutie et d’une très grande dextérité ! À découvrir bientôt dans notre reportage…
Cette famille nous a aussi fait découvrir son univers spirituel, typique de l’Inde ! En effet, ils étaient de fidèles croyants, vénérant Sri Krishna. Leur dévotion, normale ici, nous est apparue démesurée ! Le patriarche de la famille et sa femme passent l’intégralité de leur journée à s’occuper de leur bébé-dieu (une poupée) ! C’est magnifique et surréaliste !
Nous repartons…
Après cette petite halte, nous sommes repartis sur la route, en direction du nord. Nous sommes arrivés à Siliguri tard le soir, dans un grand état de fatigue… Et c’est le lendemain matin, alors que nous étions prêts à partir pour le nord-est de l’Inde, que nous avons finalement modifié notre itinéraire. En effet, Siliguri est un grand carrefour. Vous pouvez rejoindre le Népal à l’ouest, le Sikkim au nord ou bien l’Assam et le nord-est à l’est. Et c’est en regardant notre carte routière, juste avant de reprendre la route, que nous nous sommes rappelés du conflit existant autour de la rivière Teesta dans le Sikkim.
Une communauté primitive et tribale, originelle du Sikkim, qui est entrain de se battre depuis plusieurs années contre un projet de barrage organisé par le gouvernement central indien. Il s’agit des Lepchas. Cela fait plusieurs années que nous n’avons plus rien entendu à leur sujet. C’est pourquoi nous avons décidé de nous y rendre et voir ce qu’il en est advenu aujourd’hui.
Nous allons publier un nouvel article expliquant la situation de ce conflit dans les prochains jours. Le sujet est complexe et très intéressant ! À suivre prochainement…







J’ai lu une bonne partie de vos articles, c’est passionnant, je pars bientôt en Inde, Vietnam, Indonésie, Philippines, et votre site détient une mine d’info.
Bravo!
Arthur